23/06/2026
Rappel d'un collègue... comme quoi...
Quand j'échange avec des confrères, je me rends compte que je suis peut-être un peu l'OVNI du funéraire.
Alors oui j'ai une entreprise à faire tourner. Bien sûr qu'il y a des charges, des factures, des taxes et beaucoup de dépenses à assumer.
D'ailleurs, pour ma part, cela fait maintenant deux ans que je ne me verse toujours pas de salaire. Il m'arrive de travailler la nuit dans une autre entreprise.
Mais il y a certaines choses sur lesquelles je n'arrive tout simplement pas à raisonner en terme de vente.
On me demande souvent : « Et toi, tes capitons, tu les vends combien ? Tes registres ? Et ceci ? Et cela ? »
La vérité, c'est que je ne pousse jamais à la vente.
Concernant le capitonnage, j'ai plusieurs modèles à proposer. Je sais généralement, après quelques minutes de discussion, si la famille souhaite quelque chose de plus raffiné ou au contraire quelque chose de très simple.
Mais je rappelle toujours la même chose : ce n'est pas le capitonnage que l'on regarde. Ce dont on se souvient, c'est du visage de la personne aimée, du dernier regard qu'on lui porte, de l'émotion de cet instant.
Et surtout, les familles ont toujours une autre possibilité : apporter un plaid, un drap, un coussin, un oreiller ou tout autre objet qui appartenait au défunt. À mes yeux, cela a souvent bien plus de sens qu'un capitonnage coûteux.
C'est la même philosophie pour mes cercueils, que je souhaite proposer à des tarifs raisonnables. Et c'est aussi pour cette raison que j'offre systématiquement les registres de condoléances.
Je ne me vois pas facturer un livret destiné à recueillir quelques mots et signatures de personnes venues témoigner leur soutien.
Peut-être que je suis un peu atypique dans ce métier. Peut-être même une mauvaise commerçante aux yeux de certains.
Mais je préfère de loin dormir sereinement en ayant le sentiment d'avoir conseillé une famille avec mon cœur plutôt qu'avec une technique de vente.