15/05/2026
💦🌳 Le retour de l’eau, la patience du vivant
L’eau est revenue sans bruit, comme une mémoire qu’on croyait perdue.
Elle a repris sa place entre les pierres, au creux des racines, dans les plis du paysage. Là où la terre s’était durcie, elle s’est ouverte de nouveau, offerte à la lenteur, à la respiration.
Le saule n’a pas bougé.
Il attendait.
Ses branches, autrefois suspendues dans le vide, se retrouvent maintenant à frôler la surface, à s’y dissoudre presque. On dirait qu’il reconnaît enfin son reflet, qu’il se souvient de ce dialogue ancien entre l’arbre et l’eau — ce langage fait d’ombres, de frémissements, de silences partagés.
Le lac n’est pas seulement rempli.
Il est revenu à lui-même.
Ce qui était sec n’était pas mort, seulement en retrait. Il fallait le temps, la patience des saisons, et cette abondance inattendue, presque excessive, pour que tout reprenne sens. Les herbes flottent comme des traces d’un ancien oubli, déjà en train d’être absorbées par le vivant.
Et le ciel, vaste, traversé de courants invisibles, semble accompagner ce retour — comme si quelque chose, au-dessus et au-dessous, s’était remis à circuler.
Il n’y a rien d’extraordinaire ici.
Seulement une fidélité du monde à lui-même.