06/05/2026
« Là où le monde entre »
Huile sur toile
L.90 × H.90 × P.2 cm
Je construis des espaces.
C’est mon premier langage.
L’intérieur est un lieu que je compose : je choisis, j’organise, j’équilibre. Il répond à une logique, à une intention, à une manière d’habiter.
Le dehors, lui, m’échappe. Je ne peux ni le contenir, ni le transformer — seulement le traverser, l’observer, le ressentir.
Entre les deux, il y a la peinture.
Dans cette toile, l’intérieur s’ouvre largement. Il ne protège plus, il laisse passer. Le parquet se prolonge, les lignes glissent, la lumière entre sans obstacle.
Le paysage n’est pas situé. Quelques pins parasols en dessinent la structure, une étendue d’eau capte la lumière, des montagnes se tiennent à distance. Rien n’est fixé, tout est en suspension.
La scène est traversée par une lumière de fin de jour. Une lumière basse, chaude, qui adoucit les contours et relie les plans. Elle ne sépare pas — elle infuse.
À l’intérieur, des traces de présence : une étole abandonnée, des objets familiers, une peinture dans la peinture. Quelqu’un est passé, ou va revenir.
Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas la rencontre entre deux espaces, mais leur glissement. Le moment où l’on ne sait plus très bien où l’on se tient.
L’intérieur devient poreux. Le dehors cesse d’être lointain.
Peindre, dans ce contexte, n’est pas représenter le monde, mais créer les conditions pour qu’il entre.