27/10/2026
💜 J'AI PERDU UNE PARTIE DE MOI EN CHEMIN…
Il y a des choses dont on ne parle pas assez. Des blessures qui ne se voient pas, des combats qui se mènent en silence et des jours où sourire devient presque un effort.
Aujourd'hui, j'ai besoin de poser des mots sur ce que je vis. Pas pour me plaindre, pas pour attirer la pitié, mais simplement parce que derrière mes publications, mes créations et mes silences, il y a une femme qui souffre et qui ne va pas bien.
La maladie chronique ne m'a pas seulement pris de l'énergie et des capacités physiques. Elle a bouleversé ma vie, mon quotidien, mes relations et jusqu'à la personne que je suis.
Avant, je vivais. Je sortais, je riais, je m'occupais de ma maison, je profitais de mes enfants, je partageais des moments avec ceux que j'aimais. J'avais de l'énergie, des projets, des envies. J'étais cette femme qui aimait faire mille choses, qui créait, qui avançait, qui riait pour un rien.
Aujourd'hui, je ne me reconnais plus.
Les douleurs, la fatigue, le manque de sommeil et cette hypersensibilité qui transforme parfois le moindre bruit en agression ont pris une place immense dans ma vie.
Un bruit de fourchette, un chuchotement, une visite, une tâche ménagère, le simple fait de devoir m'habiller ou monter des escaliers… Tout peut devenir trop.
Trop de bruit. Trop de fatigue. Trop d'efforts. Trop de sollicitations.
Mon cerveau est épuisé. Parfois, je parle sans avoir grand-chose à raconter. J'entends les autres sans parvenir à suivre une conversation. J'ai envie de faire des choses, mais je n'en ai plus la force. Je voudrais profiter, mais je n'y arrive pas.
Je veux, mais je ne peux plus comme avant. Et c'est une douleur que les mots ont parfois du mal à expliquer.
Le plus difficile, ce n'est pas seulement de souffrir physiquement. C'est de voir sa vie rétrécir, de renoncer à des choses qui semblaient autrefois si simples, de ne plus partager autant avec ses enfants, de ne plus avoir la patience qu'on avait, de ne plus réussir à être présente comme on le voudrait pour les personnes qu'on aime.
C'est de regarder sa maison et de culpabiliser. De se demander si l'on est encore un bon exemple pour ses enfants. De se sentir mauvaise mère, mauvaise compagne, mauvaise amie, simplement parce qu'on n'arrive plus à faire ce qu'on faisait avant.
Alors qu'au fond, on voudrait tellement pouvoir faire autrement…
Et puis, il y a la solitude.
Cette solitude que l'on finit parfois par choisir parce que tout devient insupportable, parce qu'on a besoin de silence, de calme, de ne plus avoir à faire d'efforts.
Mais une fois seule, cette même solitude devient douloureuse.
On voudrait qu'on nous laisse respirer sans nous abandonner. Qu'on comprenne notre silence sans penser qu'on ne veut plus des autres. Qu'on puisse être aimée même les jours où l'on n'a rien à raconter, rien à donner, rien à offrir d'autre que sa présence.
Car oui, les relations changent. Certaines personnes s'éloignent. Parfois, on a l'impression de devenir trop négative, trop fragile, trop compliquée, trop différente. On finit même par se demander si les autres n'ont pas raison de partir.
On se regarde avec dureté. On ne voit plus que ce que l'on ne fait plus, ce que l'on ne peut plus partager, ce que l'on pense être devenu.
Mais être malade ne fait pas de nous une mauvaise personne. Être épuisée ne signifie pas être inintéressante. Et ne plus pouvoir donner autant qu'avant ne signifie pas n'avoir plus rien à apporter.
Je dois apprendre à me le rappeler, moi aussi.
Je ne suis pas responsable d'avoir développé cette maladie. Je n'ai pas choisi de devenir cette femme qui s'isole, qui s'agace, qui pleure parfois intérieurement sans que personne ne le voie. Je n'ai pas choisi de devoir réfléchir à chaque effort, à chaque sortie, à chaque bruit, à chaque geste.
Je subis déjà les conséquences de la maladie. Je ne devrais pas avoir à me condamner en permanence pour tout ce qu'elle m'empêche de faire.
Et pourtant, c'est difficile. Terriblement difficile.
Parce que je me souviens de celle que j'étais. Parce que je sais tout ce que j'aimerais encore faire. Parce que j'aime mes enfants, j'aime mon mari, j'aime créer, j'aime partager… mais qu'entre mes envies et mes possibilités, il y a désormais un fossé immense.
Heureusement, il reste parfois de petits moments. Des instants où je retrouve un peu de moi-même, où je crée, où je souris, où je ris. Ils ne suffisent pas à effacer la souffrance, mais ils existent. Et j'aimerais réussir à les préserver sans me sentir obligée d'aller bien le reste du temps.
Je ne partage pas ces mots pour que l'on me plaigne. Je les partage parce que je sais que je ne suis probablement pas la seule à vivre ce décalage entre la personne que l'on était et celle que la maladie nous oblige à devenir.
Si vous connaissez une personne malade chronique, handicapée, épuisée, qui s'isole ou qui semble avoir changé, ne jugez pas trop vite son humeur, ses silences ou son absence.
Derrière un message auquel elle ne répond pas, une invitation refusée, une personne qui ne sort plus ou qui semble toujours fatiguée, il y a peut-être un combat que vous ne soupçonnez même pas.
Un petit message, une présence sans pression, un peu de compréhension, le fait de continuer à penser à elle sans lui demander de se justifier… Cela peut compter énormément.
Et si vous êtes vous-même dans cette situation, si vous ne vous reconnaissez plus, si vous culpabilisez de ne plus réussir à vivre comme avant, j'aimerais vous dire ceci :
Vous n'avez pas à être la personne que vous étiez avant pour mériter d'être aimé aujourd'hui.
Vous avez le droit d'être fatigué. Vous avez le droit d'avoir besoin de calme. Vous avez le droit de ne pas pouvoir. Vous avez le droit d'être triste de ce que vous avez perdu.
Votre maladie fait partie de votre histoire, mais elle ne résume pas toute votre valeur.
Aujourd'hui, je ne sais pas encore comment retrouver un équilibre dans cette vie qui ne me ressemble plus. Je sais seulement que je suis épuisée de lutter, de culpabiliser et de faire semblant que tout va bien.
Je voudrais simplement retrouver un peu de paix, un peu de légèreté, un peu de cette femme que j'étais. Et apprendre, peut-être, à accepter celle que je suis devenue sans cesser de croire que je mérite encore de belles choses.
À ceux qui me lisent encore, qui restent présents malgré mes silences, mes absences et les jours où je ne suis pas au meilleur de moi-même : merci. Merci de ne pas me réduire à mes mauvais jours.
Je ne suis peut-être plus la même. Je n'ai peut-être plus la même énergie, la même disponibilité, le même sourire qu'avant.
Mais derrière tout cela, il y a encore un cœur qui ressent, qui aime, qui espère, même lorsqu'il est terriblement fatigué.
💜 La maladie m'a changée. Elle m'a pris beaucoup de choses. Mais j'aimerais qu'elle ne me fasse pas oublier que, moi aussi, j'ai encore le droit d'exister pleinement, même autrement. 💜