15/11/2025
La Mer et le Verre
Sur le sable gisait un éclat,
Tranchant, brisé, persuadé
Qu’il ne serait jamais qu’un débris,
Un fragment de chaos oublié.
La mer l’a vu, l’a reconnu,
Sous ses angles durs, une lumière.
Vague après vague, sans contrainte,
Elle l’a poli, douce et sincère.
Le verre tremblait, fuyait l’amour,
Craignant la caresse trop tendre.
“Je ne suis que blessure et détour,
Pars, avant que je ne t’éventre.”
Mais la mer, patiente et fidèle,
Répondait dans son ressac :
“Je ne crains pas tes arêtes,
Je vois ce que tu caches en toi.”
Les jours passèrent, les nuits aussi,
Le verre hésitait, revenait.
Et lentement, ses angles s’adoucirent,
Non par force, mais par constance.
“Pourquoi tu restes ?” dit le verre.
“Je suis brisé, je suis colère.”
La mer sourit : “Je crois en toi,
En la lumière que tu deviens.”
Alors, sur le sable fin,
Elle fit de lui un bijou clair,
Translucide, précieux, splendide,
Un éclat porté par la mer.
Car l’amour n’est pas perfection,
Mais le choix répété de rester.
Et le verre, enfin apaisé,
Brilla sans craindre d’exister.